Amener des personnes à s’ouvrir et s’exprimer sur des sujets sensibles et douloureux
exige une attention particulière quant aux formes et à la méthodologie utilisées.
Certaines précautions doivent être prises pour favoriser la pleine participation des
populations sans créer de traumatismes supplémentaires. A cette fin, il faudra :

Mener une campagne d’information et de sensibilisation des populations sur les
objectifs de ces consultations préalables à la mise en place des mécanismes de justice,
vérité et réconciliation ;

Utiliser la langue des participants (Ewé, Kabyè, Kotokoli, Moba, Ifè…et Français) ;

Créer un ou des cadres qui permettent la libre expression de chaque participant et
notamment les groupes vulnérables (les enfants, les femmes, les personnes âgées…) ;

Porter les consultations aussi près des populations que les moyens le permettront ;

Identification et mise à contribution des organisations relais ;
Développer des méthodes et approches qui tiennent compte de la situation particulière des
victimes et des traumatismes qu’elles ont subis et veiller à ne pas créer de nouveaux
traumatismes.
Les consultations nationales devraient s’efforcer de toucher les différentes composantes
de la population. Il faudra :

A chaque consultation, limiter le nombre de participants et s’assurer de leur
représentativité au niveau quantitatif et qualitatif (sexe, âge, fonction sociale,
ethnie…) ;

Prévoir suffisamment de temps par consultation afin de pouvoir mener des discussions
de fond ;

S’assurer de la légitimité et la représentativité des équipes techniques ainsi que de la
représentativité des participants notamment en matière d’équilibre ethnique et du
genre et;

Programmer et réaliser un « feed-back » à destination des populations consultées.
La population sera consultée sous différentes formes différentes :

Les entretiens individuels ;

Les discussions avec les groupes focaux ;

Les rencontres communautaires

Via Internet
Il sera aussi adopté une stratégie avancée qui consistera à amener les consultations vers les
populations. Dans cette perspective, les équipes régionales seront dotées de matériels audio
visuels pour aller vers les populations dans les hameaux les plus reculées.
La consultation cherche à établir:

La perception des populations, quant aux conflits et violences qui ont émaillé
l’histoire du pays, les conséquences autant sur eux que sur la société en général, les
responsables du conflit et les auteurs des violations ;

Leur perception quant à la justice, ce qu’elles en attendent et comment prévenir les
injustices;

L’inventaire et la typologie des violations des droits de l’homme qui ont été
commises ;

Les vues des populations sur les politiques et stratégies de vérité, justice et
réconciliation :
| • |
vérité, à quelles fins? |
| • |
les programmes de réparation : quelles violations réparer, pour quel
bénéficiaire, et des réparations de quelle nature ? |
| • |
les différentes formes de réconciliation |
| • |
mécanismes de justice traditionnelle : existe-t-il des mécanismes traditionnels
d’administration de la justice ? quel est leur rôle ? quels sont les organes
traditionnels de médiation et de résolution des conflits ? |
| • |
la gestion de la mémoire |
| • |
les mécanismes d’établissement des responsabilités |

Les personnes ou institutions qui sont les mieux à même de mettre en oeuvre les
mécanismes de vérité, réconciliation et de justice ;

Les attentes relatives à la protection des témoins, des enfants, des femmes
victimes de violences sexuelles et d’autres personnes vulnérables.
Les entretiens individuels
Lors de ces entretiens, les questions seront ouvertes et simples, et permettront aux
personnes consultées d’y répondre de façon aisée. Les questionnaires appropriés serontélaborés à cet effet par un groupe d’expert sous la responsabilité de l’Unité d’appui.
Discussions avec les groupes focaux
Deux catégories de discussions seront menées autour:

des groupes socioprofessionnels précis : associations en charge des questions de
femmes et d’enfants, organisations de jeunes, confessions religieuses, associations et
ONG de défense des droits de l’homme, Togolais de la diaspora2, rapatriés, les
représentants des partis politiques, les forces de l’ordre et de sécurité, barreau et
magistrats, conseillers de préfectures et les membres des délégations spéciales, les
parlementaires, journalistes, universitaires, les chefs traditionnels et leurs notables etc.

de certaines thématiques bien définies : les discussions pourront alors répondre aux
attentes des différents groupes et associations en ce qui concerne leurs conceptions
propres liées à la paix, à la justice, à la vérité, à la réconciliation et à la réparation.
Ces discussions de groupe sont un mécanisme complémentaire pour consulter la
population durant lesquelles les participants approfondissent les questions les plus
pertinentes. Des outils d’animation seront confectionnés à cet effet et une méthodologie
d’approche et d’entretien sera élaborée.
Les rencontres communautaires
Ces rencontres communautaires initiées au niveau communal et préfectoral par des
facilitateurs- animateurs auront pour rôle de stimuler les participants avant d’ouvrir les
discussions générales et l’échange d’opinions. Des pièces de théâtre et/ou des jeux de rôle sur
les thématiques de la réconciliation, de la vérité et de la justice pourront être jouées et auront
le rôle de déclencheur de paroles.
Les discussions pourront porter également sur des questions liées à la gestion de la
mémoire collective. Les rencontres communautaires auront lieu principalement mais
non exclusivement, dans les localités où les actes de violence les plus importants se sont
produits.