Après la longue crise socio politique qu’a connu le pays ces quinze dernières années,
entraînant des répercussions négatives dans beaucoup de domaines de la vie socio
politique et économique, il se dégage aujourd’hui chez toutes les couches de la
population togolaise, un besoin réel de paix en vue de faire face aux défis de
développement. Après la signature de l’APG et la tenue effective des élections
législatives du 14 octobre 2007, on observe un retour à un climat de paix qui a besoin
d’être consolidé.
La paix et la stabilité durable peuvent, en effet, prévaloir si la population perçoit la
possibilité de résoudre, par des voies légitimes et justes, des questions politiquement
sensibles telles que la prise en charge adéquate des violations du passé, la
discrimination fondée sur l’appartenance ethnique, l’inégalité d’accès aux richesses et
aux services sociaux et les abus de pouvoir. Les consultations nationales constituent,
à cet égard, une étape importante, en cela qu’elles renforcent la perception des
populations que ces voies légitimes et justes de résolution des conflits existent, que
celles-ci prennent en charge leurs préoccupations et sont adaptées à leur contexte.
Les consultations ont une vertu première qui est de donner la parole aux populations et
aux victimes, ce qui contribue déjà, à une reconnaissance des victimes en tant que telles
et qui est un processus vers une forme de réparation.
Les consultations sont indissociables des mécanismes de vérité, réconciliation et de
justice qu’elles servent. Elles en sont la première étape incontournable, sans laquelle ces
mécanismes seront incompris des populations, ne répondront pas à leurs besoins, seront
inadaptés au contexte du pays et entraveront les efforts d’édification de la paix déjà
menés par les différents acteurs de la vie socio politique. C’est pourquoi leur impact sur
la consolidation de la paix doit se lire à l’aune de l’impact des politiques et stratégies de
la réconciliation envisagées, notamment en ce qui concerne le respect et la promotion
des droits de l’homme, les réformes institutionnelles, et toutes les mesures visant à
garantir la non- répétition des violations.
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